Nouveaux projets, coopérations renforcées et mobilisation des acteurs locaux : à Nantes, l’objectif est d’accélérer le développement du réemploi. À l’occasion des Assises nationales de l’économie circulaire, Mahel Coppey, vice-présidente de Nantes Métropole, revient sur les initiatives engagées et les leviers à activer pour aller plus loin.
1) Quel est le rôle des collectivités dans la transition vers une économie plus circulaire ?

Le premier rôle d’une collectivité dans cette transition est d’embarquer le plus de monde possible et de proposer des projets concrets.
D’abord pour les habitantes et les habitants. Je pense notamment à la Ressourcerie Métropolitaine qui ouvre tout juste à Rezé, et à toutes les ressourceries associatives qui existent par ailleurs sur le territoire et que nous soutenons.
Ensuite, l’enjeu est de mobiliser l’ensemble des acteurs du territoire. C’est l’esprit de la démarche Nantes Terre de Réemploi que nous portons depuis 2024 pour accompagner les acteurs, les mettre en lien, comprendre leurs difficultés et sécuriser leur action collective dans le temps.
Enfin, au sein de notre collectivité, nous faisons en sorte de renforcer l’économie circulaire en travaillant avec les acteurs nationaux. Je pense par exemple au travail réalisé avec Zéro Waste France dans le cadre de la démarche zéro pollution plastique qui a entre autres permis de rédiger des clauses à intégrer dans nos futurs marchés publics.
Chaque action a un impact significatif sur le territoire et permet de développer tout un écosystème.
2) De votre point de vue, quels sont aujourd’hui les enjeux majeurs pour améliorer et accélérer cette transition ?
Le principe de la responsabilité élargie des producteurs mériterait d’être renforcé pour impliquer complètement les metteurs sur le marché aux côtés des collectivités et des structures du réemploi et de la réparation. Financés par les metteurs sur le marché, les éco-organismes sont encore trop souvent déconnectés des difficultés et des besoins des acteurs locaux du réemploi et ont du mal à porter des messages de sensibilisation fort en matière de consommation responsable et sobriété.
Par exemple, la filière textile est actuellement en crise alors même que de nombreuses entreprises et associations s’emparent du sujet. La filière se trouve complètement saturée par la mise sur le marché de quantités immenses de vêtements de mauvaise qualité que l’on pourrait qualifier de « jetables » avec deux effets négatifs : un vêtement neuf est parfois moins cher qu’une fripe de bonne qualité et les vêtements reçus en don sont en grande partie trop usés pour pouvoir être réutilisés. Faute de débouchés et de soutiens suffisants, les opérateurs s’effondrent et laissent les recycleries sans solutions.
3) Quelle vision avez-vous des Assises des déchets et de l’économie circulaire ? Quel est le sens et l’intérêt de cet événement selon vous ?
Nantes Métropole a la chance d’accueillir sur son territoire les Assises des déchets et de l’économie circulaire, une occasion en or pour rassembler ses partenaires locaux et à l’échelle nationale, prendre collectivement de la hauteur et valoriser les réussites. Je me félicite que le programme ait intégré un nouveau parcours réemploi car c’est un axe incontournable pour construire l’avenir.
19e Assises nationales de l’économie circulaire
Les 30 septembre et 1er octobre 2026