Circular Economy act & Clean industrial deal : l’Europe veut changer d’échelle

Quelle vision avez-vous des Assises des déchets et de l’économie circulaire, et quel est selon vous le sens et l’intérêt de cet événement ?

C’est un rendez-vous important car il constitue un événement de référence en France sur les politiques déchets et l’économie circulaire. C’est un moment de rencontres privilégiés où collectivités territoriales, industriels et notamment les opérateurs de gestion des déchets, les éco-organismes, les chercheurs et les associations peuvent échanger, croiser leurs regards sur les politiques publiques en matière de prévention et de gestion des déchets, partager les difficultés qu’ils rencontrent très concrètement pour aller vers plus de circularité, mais aussi identifier des solutions pour les résoudre et lever les freins.

En quoi le futur Circular Economy Act marque-t-il un tournant ?

Cette initiative va constituer le cadre structurant de la politique d’économie circulaire de l’Union Européenne pour les années à venir, dans la continuité des deux plans d’actions européens sur l’économie circulaire qui l’ont précédé depuis 2015. Elle porte une nouvelle vision : l’économie circulaire n’est plus une politique environnementale sectorielle mais un élément structurant de la compétitivité industrielle, de la résilience économique et de la sécurité d’approvisionnement en ressources dans un contexte marqué par une forte instabilité économique et politique.

Cette ambition nécessite de relever 4 défis majeurs au centre des orientations du futur acte européen sur l’économie circulaire :

  • Permettre aux modèles de l’économie circulaire de tirer pleinement parti du marché unique européen ;
  • S’assurer que la demande en produits circulaires et en matières recyclées est au rendez-vous ;
  • Sécuriser les intrants afin d’assurer une meilleure stabilité d’approvisionnement des recycleurs ;
  • Réduire la dépendance en matières premières critiques en exploitant pleinement le potentiel de valorisation des déchets d’équipements électriques et électroniques, car l’Europe est particulièrement tributaire de pays tiers pour ces ressources-là.

Quels leviers doivent être mobilisés pour faire émerger des filières industrielles de recyclage ?

L’émergence, la structuration, et le développement de filières industrielles de recyclage dans l’Union Européenne est au centre des préoccupations du futur acte européen sur l’économie circulaire. Cela ne se fera pas sans soutien à la demande. La mise en place d’obligations d’incorporation de matières recyclées « made in EU » ou a minima un accompagnement par des mesures miroirs ambitieuses constitue de loin le levier le plus puissant pour sécuriser les investissements industriels dans ce secteur. 

D’autres leviers sont bien sûr à mobiliser : l’élaboration de critères européens de sortie de statut de déchets pour faciliter leurs mouvements transfrontières vers d’autres Etats membres car les étapes de la chaîne de valeur du recyclage sont aujourd’hui inter-européennes, la lutte contre la fuite des matériaux, en particulier ceux qui sont riches en matières premières critiques car les intrants de nos unités industrielles d’aujourd’hui et de celles à venir doivent être sécurisés.

Comment la révision de la directive sur les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) peut-elle y contribuer ? 

La révision de la directive sur les DEEE constitue une opportunité pour soutenir la structuration de filières de recyclage des matières premières critiques. La fixation d’objectifs chiffrés de collecte différenciés par catégories d’équipements, l’introduction d’objectifs de recyclage sur certaines matières premières critiques en complément des objectifs de valorisation matière plus globaux, ou encore l’introduction d’une obligation d’extraction pour certaines pièces spécifiques comportant des aimants permanents dont le contenu en terres rares est significatif sont autant de mesures susceptibles d’y contribuer.

La Direction générale de la Prévention des risques est pleinement mobilisée pour faire de ce futur acte européen sur l’économie circulaire un projet ambitieux au service de filières industrielles européennes circulaires compétitives et durables.

Le mot de la DREAL Pays de la Loire

Incarnation de l’État sur les territoires, les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement jouent un rôle clé pour déployer les politiques publiques à l’échelon local. À ce titre, la DREAL Pays de la Loire est un partenaire fondamental des Assises nationales des déchets et de l’économie circulaire. Témoignage d’Anne Beauval, sa directrice.

Les Assises nationales des déchets et de l’économie circulaire, organisées à Nantes, constituent un rendez-vous incontournable pour les acteurs engagés dans la transition vers une gestion durable des ressources.

La session 2026 sera l’occasion de partager les bonnes pratiques de gestion des déchets, d’anticiper les évolutions réglementaires et de stimuler l’innovation au service d’une économie décarbonée, en réunissant politiques, scientifiques, industriels, associations, collectivités et services de l’État. Elle contribuera ainsi aux actions menées ou soutenues par la DREAL au cœur des enjeux d’aménagement du territoire et de transition écologique notamment par le déploiement d’actions concrètes pour améliorer la qualité de vie des citoyens.

La forte implication de la DREAL Pays de la Loire dans la réussite de cet événement d’envergure nationale créé en 1991 se traduit par la co-construction du programme, afin d’y intégrer les enjeux territoriaux prioritaires. À travers des plénières stratégiques, des ateliers thématiques et des temps de rencontre, nous sommes convaincus que ces assises contribueront à renforcer la cohérence entre les actions menées à l’échelle nationale et les réalités de nos territoires.

Inscrivez-vous et venez partager votre expertise et votre vision. Ensemble, nous pouvons faire des déchets un levier de création de valeur économique, sociale et environnementale.”