Ministre de l’Environnement, Slovénie
En tant que ministre de l’Environnement, quelle est selon vous l’importance de la problématique des déchets dans le cadre de la politique mise en œuvre dans votre pays ?
La gestion efficace des déchets, en raison de leurs différentes origines et catégories, requiert une approche exhaustive : de la génération des déchets à leur collecte, en passant par le traitement approprié et l’élimination finale des déchets restants après leur traitement. La politique de gestion des déchets vise par conséquent à garantir un niveau de consommation de ressources renouvelables et non renouvelables – une production et une consommation durables et, de ce fait, la diminution de la pollution environnementale et de l’utilisation de l’énergie – qui ne dépasse pas le seuil de tolérance de l’environnement.
En ma capacité de ministre de l’Environnement et de l’Aménagement de l’espace, je déploie le maximum d’efforts en vue d’encourager les mesures et les programmes de modification des modes de consommation et de réduction des quantités de déchets, qui ne cessent d’augmenter. Nous souhaitons évoluer vers une société de recyclage en renforçant les formes institutionnelles de nature à y contribuer et en soutenant les mesures prises dans ce but. La promotion d’une économie durable passe par une politique financière appropriée ne visant pas uniquement la réalisation de bénéfices mais également le niveau le plus bas possible de consommation de matières premières et d’énergie, et une quantité minimale d’émissions et de déchets.
Votre pays est-il confronté à des problèmes spécifiques en matière de déchets ? Si oui, lesquels ?
La Slovénie, comme les autres pays européens, est confrontée au problème de l’augmentation de la quantité des déchets générés par les ménages et par l’industrie malgré l’adoption de politiques communes de gestion des déchets au niveau de l’UE et de ses États-membres. La crise financière mondiale a déstabilisé encore davantage le marché des matériaux recyclés. Je considère que les débats se sont trop focalisés sur les décharges, tandis que l’objectif de la gestion des déchets municipaux au niveau régional a souvent été négligé. Étant donné le fait que les déchets (parmi lesquels les déchets municipaux), en République de Slovénie, continuent d’être essentiellement déposés dans des décharges, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à un tel comportement, et pour que les déchets ne soient plus systématiquement mis en décharge mais avant tout recyclés, une des formes de valorisation. Le principal objectif doit être de parvenir au taux maximum de recyclage et de valorisation et au tri sélectif des déchets à la source, dans des limites réalistes, et de garantir la valorisation efficace des lots de déchets collectés séparément.
Le ministère de l’Environnement et de l’Aménagement de l’espace s’efforce de promouvoir l’application de la législation dans le domaine de la gestion des déchets. Il n’aura de cesse de garantir le respect et la mise en œuvre des priorités et des objectifs définis. Il accordera une attention particulière au suivi des évolutions du marché des matériaux recyclés et à la promotion du tri sélectif, des déchets des ménages notamment.
Quels sont selon vous les principaux enjeux politiques en matière de déchets en Europe (préservation de l’environnement, mise au point de systèmes rentables, recyclage, etc.) ?
Selon moi, le principal enjeu dans ce domaine est la réussite de la mise en œuvre de la législation et le contrôle de sa mise en œuvre. Les idées et les principes directeurs définis dans les documents stratégiques doivent être mis en pratique ; dans ce cadre-là, l’objectif de la diminution des barrières administratives et de la simplification des procédures doit être poursuivi. C’est la seule manière de tendre vers la concrétisation de l’idée d’une consommation et d’une production durables, d’une « société du recyclage » visant à préserver les ressources et le potentiel naturels en encourageant la réutilisation des déchets de matériaux.
Que pensez-vous de la mise en œuvre de la directive cadre sur les déchets en Europe, de manière générale et dans votre pays, à titre de comparaison ?
La nouvelle directive cadre sur les déchets est un exemple d’adoption d’une législation moderne au niveau de l’UE, qui devrait contribuer, de manière significative, à la mise en place de méthodes modernes de gestion des déchets. Les différents documents rédigés au niveau de la Commission européenne et au niveau national contribueront avant tout à la mise en place d’une gestion plus souple des déchets, qui rapprochera l’Europe de son objectif de transformation en « société du recyclage ».
En Slovénie, une attention particulière sera consacrée à l’élaboration de programmes de gestion des déchets. Nous inviterons le grand public ainsi que les secteurs publics et privés à participer à ces activités. C’est la seule manière de garantir la mise en œuvre des programmes de prévention des déchets.
Comment les pratiques de gestion des déchets d’un pays européen particulier peuvent-elles, selon-vous, cadrer avec la politique européenne dans son ensemble ?
Tous les États-membres de l’UE partagent le même cadre stratégique et législatif d’élaboration des priorités et stratégies nationales et des textes législatifs. Les États-membres doivent également bien entendu tenir compte de leurs spécificités nationales respectives. La Slovénie dispose par exemple de surfaces limitées pour la mise en place d’installations de gestion des déchets, alors que la quantité de déchets de ce pays se situe dans la moyenne européenne. Le fait est, dans certains cas (en ce qui concerne les déchets dangereux par exemple), que la quantité totale de déchets générée n’est pas suffisante pour justifier la mise en place de telles installations. La Slovénie est donc intégrée au système de traitement des déchets des autres États-membres.
Je suis confiant quant aux chances que l’événement dont vous prévoyez l’organisation au mois d’octobre contribuera à resserrer les liens et à renforcer la coopération entre les pays de l’UE, à promouvoir l’échange de pratiques exemplaires dans le domaine de la gestion des déchets, et à améliorer la transposition nationale de la législation européenne.
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