
Compte tenu de l’accroissement de la demande énergétique mondiale, et des ressources limitées en combustibles fossiles, il est urgent de développer une politique de valorisation énergétique des déchets.
Quels sont selon vous les possibilités de filières existantes à développer, voire à créer ?
En plus de l’objectif de réduction de la production des déchets à la source, il faut effectivement se tourner vers d’autres solutions techniques que celles déjà développées en matière de stockages et d’incinération des déchets, que ce soit pour les déchets dangereux ou pas.
Prenons pour exemple les déchets industriels, le secteur d’activité de la cimenterie accepte depuis quelques décennies des déchets industriels de natures très variées comme les pneumatiques usagés, les farines animales… Ces déchets sont retenus pour leur pouvoir calorifique ce qui réduit d’autant la facture liée à la consommation de combustibles conventionnels.
Par ailleurs, dans le secteur de la métallurgie, il existe déjà des pratiques courantes concernant l’utilisation de déchets permettant à la fois une valorisation énergétique, mais aussi une valorisation matière.
Quels avantages et quels risques pour la valorisation énergétique ?
Dans le cas des cimenteries, ce secteur est fort consommateur d’énergie . Ce type d’activité est réglementé par un arrêté ministériel de septembre 2002 relatif à la co-incinération de déchets industriels introduisant en droit français une directive communautaire. Ce texte impose notamment des normes de rejets atmosphériques très contraignantes. La spécificité de cette branche tient au fait que le « clinker », matière première principale du ciment, a un très fort pouvoir absorbant neutralisant ainsi la dangerosité des produits et déchets incorporés dans le four lors du process de production.
Cette profession a été sollicitée depuis maintenant plusieurs années pour détruire les farines animales provenant des industries agroalimentaires et supprimer ainsi le risque sanitaire susceptible d’être généré par ces sous-produits.
Pouvez-vous nous citer un autre exemple de déchets ou de sous-produit présentant un intérêt quant à sa valorisation énergétique ?
Le bois a été, au cours des temps, un combustible plus ou moins utilisé en fonction du prix des combustibles concurrents que sont les produits pétroliers, le gaz, … et des habitudes quotidiennes de vie.
Hormis le bois en tant que tel, des sous produits peuvent être utilisés comme ceux issus des coupes de bois abandonnés en forêt, comme cela a été le cas après la tempête de fin1999, ou encore des copeaux provenant des industries de transformation du bois.
Par exemple en Région Midi-Pyrénées, une entreprise papetière a mis en place une installation de combustion permettant de récupérer de l’énergie plutôt que d’éliminer ses écorces d’arbres comme déchets, comme cela se faisait auparavant.
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